1, 2, 3… sommeil :
quand la nuit devient un soin

À l’occasion de la Journée nationale du sommeil, le vendredi 13 mars, nous sommes allés à la rencontre de l’équipe de l’Unité Sommeil et Assistance Respiratoire (USAR) du CHAN.

Bien dormir n’est pas si simple. Les Français dorment en moyenne 7 h 30, mais plus d’un sur deux estime ne pas dormir suffisamment. Dans le même temps, de nombreuses personnes se réveillent la nuit, souvent une à deux fois, avec des difficultés à se rendormir. Un constat qui rappelle que la qualité du sommeil est devenue un véritable enjeu de santé publique.

Car le sommeil est essentiel. « Bien dormir, c’est le pilier principal de la santé et de la longévité ». C’est notamment durant les premières heures de la nuit que l’organisme récupère : production d’hormone de croissance, réparation des tissus, régulation du métabolisme… Le sommeil joue aussi un rôle dans la gestion du poids et de nombreuses fonctions biologiques.

Au sein du CHAN, une unité dédiée prend en charge ces problématiques : l’Unité Sommeil et Assistance Respiratoire (USAR), située au 6e étage. Elle assure un rôle clé dans le diagnostic et le suivi des troubles du sommeil, en lien avec les médecins du territoire.

Sur place, les patients peuvent bénéficier d’explorations grâce à la polysomnographie. « On installe des capteurs sur le corps et la tête de la personne. On la laisse dormir et au petit matin, on lit les résultats », explique le Dr Sylvie Jay, à l’origine du développement de cette activité au sein de l’établissement. Le service dispose de cinq chambres dédiées à ces enregistrements.

Parmi les pathologies prises en charge, l’apnée du sommeil est la plus fréquente. « Les voies aériennes se ferment, l’air passe mal, le taux d’oxygène baisse… et la personne doit reprendre son souffle », décrit le Dr Jay. Ces épisodes peuvent se répéter des dizaines de fois par heure, provoquant des micro-éveils souvent imperceptibles mais responsables d’un sommeil non réparateur, d’une fatigue chronique et de risques accrus, notamment cardiovasculaires.

Longtemps associée à certains profils, cette pathologie concerne un public bien plus large. « On pensait surtout aux hommes obèses qui ronflaient. Aujourd’hui, on sait que cela touche aussi les femmes, les personnes jeunes, quel que soit leur poids. On estime qu’au moins 5 % de la population est concernée ».

Côté traitement, il n’existe pas de solution médicamenteuse. « Tout ce qu’on achète en pharmacie… ça ne fonctionne pas », rappelle le Dr Jay. Selon les situations, des orthèses ou certaines interventions peuvent être proposées, mais le traitement de référence reste la ventilation nocturne. « Une machine génère une pression qui empêche les voies aériennes de se fermer. Les patients sont parfois réticents au début, puis s’y habituent avec l’accompagnement de l’équipe ».

L’unité se distingue aussi par son approche pluridisciplinaire. Elle prend en charge à la fois les troubles respiratoires, le sommeil de l’enfant, avec des causes spécifiques comme les amygdales hypertrophiées, et les insomnies, avec notamment des approches cognitivo-comportementales développées au sein du service.

Au-delà des pathologies, l’équipe rappelle quelques principes simples mais essentiels : se coucher quand le sommeil vient, limiter les écrans, éviter de regarder l’heure la nuit… « Si on ne dort pas, mieux vaut se lever et faire une activité calme », conseille le Dr Jay.

L’équipe rappelle que bien dormir reste l’un des premiers leviers de santé.